
Au panthéon des plus grands athlètes de l’histoire, le nom de Balbir Singh Sr. a une place particulière. Né Balbir Singh Dosanjh en 1923, son parcours n’est pas seulement celui d’un champion, mais celui d’un symbole pour une nation naissante. Avec trois médailles d’or olympiques et une liste de records encore inégalés, il est le visage de l’âge d’or du hockey sur gazon indien et une légende qui a su transcender son sport pour devenir un héros national.
Une jeunesse de passion
Enfant d’un combattant pour la liberté indienne, Balbir Singh Sr. a grandi avec la figure paternelle souvent absente, emprisonnée pour ses idéaux. C’est à l’âge de 12 ans qu’il est frappé par une révélation : en découvrant un reportage sur le triomphe de l’Inde aux Jeux Olympiques de 1936, une passion pour le hockey s’empare de lui. Son talent, repéré très tôt, le mène à capitaine de son équipe universitaire, puis à mener l’équipe du Pendjab à deux titres nationaux, prémisse d’une carrière de légende
La naissance d’une légende
Le destin de Balbir Singh Sr. se confond avec la marche triomphale de l’Inde sur la scène olympique. À Londres en 1948 : sa première apparition aux Jeux est un moment historique. Dans une finale chargée de symboles contre l’ancienne puissance coloniale, la Grande-Bretagne, il inscrit les deux premiers buts de la victoire 4-0. Un triomphe qui est le premier de l’Inde indépendante. A Helsinki en 1952 : désigné vice-capitaine, Balbir Singh Sr. grave son nom dans le marbre de l’histoire. Après un triplé en demi-finale face aux Britanniques, il offre une performance stratosphérique en finale contre les Pays-Bas, marquant cinq buts dans une victoire 6-1. Ce record, pour le plus grand nombre de buts inscrits dans une finale olympique, reste inégalé. Avec 9 buts sur les 13 de son équipe, il a dominé le tournoi comme jamais. À Melbourne en 1956 : C’est en tant que capitaine qu’il mène les siens à une troisième médaille d’or consécutive. Malgré une blessure qui le contraint à manquer les matchs de poule, il fait un retour héroïque pour la demi-finale et la finale, où l’Inde s’impose 1-0 face à son grand rival, le Pakistan. Au total, il aura marqué 23 buts en seulement 8 matchs olympiques.
Un lourd Héritage
Après avoir raccroché sa crosse, Balbir Singh Sr. n’a jamais quitté le sport. En tant qu’entraîneur et manager, il a mené l’Inde à la victoire lors de la Coupe du monde de 1975, le seul titre mondial de l’équipe à ce jour.
Sa contribution a été honorée par de nombreuses distinctions au fil des décennies. Dès 1957, il est le premier sportif à recevoir le Padma Shri, l’une des plus hautes distinctions civiles indiennes. L’année suivante, sa silhouette est immortalisée sur un timbre en République dominicaine. En 1982, il est désigné « Sportif indien du siècle » et allume la flamme des Jeux Asiatiques à New Delhi. Plus tard, il acceptera, par principe, le prix de « Meilleur joueur de hockey sikh » pour la promotion du sport, tout en se définissant comme un nationaliste laïc. Finalement, en 2015, il reçoit le prestigieux prix Major Dhyan Chand pour l’ensemble de sa carrière.
La reconnaissance ultime est venue en 2021, un an après son décès à l’âge de 96 ans, lorsque le stade international de hockey de Mohali a été rebaptisé en son honneur. Balbir Singh Sr. reste une icône, non seulement pour ses exploits sur le terrain, mais aussi pour le caractère et la résilience qu’il a incarnée. Son histoire est celle d’un athlète qui a su devenir le symbole d’une nation.