
Dans le sport de haut niveau, la routine est une ancre. Pour Lucie Ehrmann, gardienne de l’équipe de France de hockey sur gazon, cette routine a volé en éclats le 24 février dernier. Partie d’Amsterdam à 20h35, elle a transité par Paris CDG avant de s’envoler pour Santiago du Chili. À son arrivée à 13h45, le verdict du tapis roulant est tombé : son sac de gardienne, resté sur le tarmac hollandais, n’a jamais été chargé dans l’avion.
Loin de céder à la panique immédiate, Lucie a choisi d’aborder cet incident avec une philosophie de championne. « Sur le coup, quand j’ai vu qu’il n’était pas là, je suis restée calme. J’ai décidé de prendre la situation comme un test de caractère et que c’était juste un « obstacle » en plus. Donc je suis restée calme, tranquille. » Le lendemain, privée de son équipement, elle s’est adaptée en travaillant sa réactivité à la balle de tennis pendant 45 minutes avec la préparatrice physique, Lucile.
Le hockey, une histoire de famille
L’histoire a pris une tournure inattendue l’après-midi même. Grâce à l’entremise de son coach Ben, une gardienne chilienne que Lucie connaît bien a accepté de lui prêter son propre équipement pour l’entraînement. Un geste de fair-play immense, d’autant plus que les deux joueuses se retrouveront face à face lors du troisième match de poule. « Je la connais depuis quelques temps déjà, on s’est entraînées ensemble en spécial gardien l’année des Jeux olympique. Le fait qu’elle accepte ça m’a rendu fière d’être gardienne de but et de ressentir notre esprit de communauté et d’entraide », confie-t-elle avec émotion.
Cependant, le stress a fini par rattraper l’athlète française. Alors que son manager était en contact permanent avec la compagnie aérienne, la nouvelle tombe le lendemain matin : la compagnie n’a aucune information sur la localisation du sac. « Là j’ai commencé à paniquer, car un équipement perdu c’est une autre histoire qu’un équipement en retard. » Dans l’urgence, Lucie contacte son sponsor OBO Europe, qui mobilise ses usines en Nouvelle-Zélande pour préparer un kit de secours en livraison express. La crainte de ne pas avoir de matériel à sa taille ou de ne pas se sentir bien pour la compétition devient alors réelle.

Finalement, au troisième jour, le soulagement arrive via une notification : le sac est enfin en route pour le Chili. Les retrouvailles ont été à la hauteur de l’angoisse vécue.
« Quand j’ai reçu mon sac, je l’ai serré dans mes bras ! J’étais trop heureuse de retrouver mon matériel personnel, ainsi que les crosses de deux de mes coéquipières qui étaient également dans mon sac de goal, et mes chaussures de hockey. »
Lucie Ehrmann, gardienne de l’équipe de France
Alors que la compétition a débuté ce lundi 2 mars 2026 par une défaite 4 à 0 face aux Australiennes, cet épisode s’est transformé en un souvenir de vie commune qui soude encore davantage le groupe tricolore. Lucie en tire une leçon précieuse pour ses futurs voyages : “ ne plus jamais partir sans un AirTag ou, au minimum, une étiquette de coordonnées bien visible”.