
Au bout du suspense, de l’effort et de la tactique, l’équipe de France a décroché son billet pour la grande finale de la Nations Cup. Les Bleus ont livré une bataille monumentale face aux Samouraïs japonais pour s’imposer de haute lutte. Retour sur un match irrespirable.
Un premier quart-temps électrique et prolifique
Dès le coup d’envoi donné par le Japon, la France affiche ses intentions avec un pressing d’une intensité folle, harcelant systématiquement le porteur de balle à deux joueurs. Noé Jouin allume la première mèche à la 3e minute, mais le gardien nippon veille.
Le danger change de camp après une perte de balle axiale de Victor Charlet. Le contre japonais est foudroyant : si Corentin Saunier, gardien tricolor, repousse le premier assaut, Ryoma Ooka suit parfaitement et ouvre le score dans les cinq premières minutes. Touchés mais pas coulés, les Bleus réagissent. Shota Yamada percute violemment Étienne Tynevez et offre un Penalty Corner (PC) à la France à la 7e minute. Rejoué, ce PC permet à Victor Charlet de se racheter magistralement en envoyant la balle nettoyer la lucarne gauche.
La folie continue. À la 8e minute, Shota Yamada redonne l’avantage au Japon sur un PC assassin, avant que Corentin Saunier ne sorte un nouvel arrêt crucial à la 10e minute. Profitant d’un contre temporisé pour effectuer des rotations, Corentin Sellier provoque un nouveau PC à la 9e minute. Après une combinaison d’école, Xavier Esmenjaud égalise. Les Bleus, sereins et conquérants, étouffent le Japon avec un pressing qui pousse parfois jusqu’à trois défenseurs sur le porteur. Timothée Clément obtient un dernier PC à la 12e minute, mais la tentative de Victor Charlet frôle le montant.
Clément répond à Yamada
Le second acte repart sur les mêmes bases physiques. À la 20e minute, une énorme occasion française est avortée par l’arbitre qui juge l’action dangereuse. Deux minutes plus tard, le réalisme japonais frappe à nouveau : Hyota Yamada transforme un PC et permet aux siens de reprendre les commandes.
C’est le moment choisi par Timothée Clément pour faire parler son génie. À la 27e minute, l’attaquant tricolore ajuste un lob somptueux au-dessus du gardien japonais, permettant à la France de respirer avant la pause. Les Samouraïs croient reprendre l’avantage à l’ultime seconde, mais leur tir fait trembler les filets après le retentissement du gong. But refusé, les deux équipes rentrent aux vestiaires dos à dos.
La France dicte son rythme, la tension monte (TQ3)
Au retour des vestiaires, les Bleus confisquent la balle. Sur un scoop (balle aérienne) dans la zone, un défenseur nippon ne respecte pas la distance des 5 mètres. Le PC accordé à la France est contesté par le Japon via l’arbitrage vidéo, mais la décision est confirmée et les Japonais perdent leur droit de recours.
Devenu de plus en plus fébrile, le Japon subit la loi des Bleus. Le match se tend à la 35e minute : alors que la France obtient un PC, Étienne Tynevez écope d’un carton jaune. Sanction double puisque le PC est finalement annulé. Malgré quelques incursions japonaises dans la zone bleue, la France reste maîtresse du jeu, même si Victor Charlet rate le cadre sur un énième PC à la 38e minute.
Le money-time héroïque de Sellier et Saunier
Le dernier quart-temps s’ouvre sur un festival de Corentin Sellier qui élimine plusieurs joueurs pour s’offrir un PC, malheureusement bloqué par le portier adverse malgré une belle combinaison. L’ascendant physique de l’expérience française se fait cruellement sentir et les occasions se multiplient. En défense, après un PC adverse très litigieux, Corentin Saunier réalise un miracle en bloquant la balle sur sa propre ligne de but.
La délivrance arrive enfin à la 52e minute. Sur une récupération haute du milieu de terrain français, Corentin Sellier hérite du cuir et ajuste le gardien pour donner l’avantage à la France pour la toute première fois du match !
Le final est irrespirable. À la 54e minute, le gardien japonais sort un arrêt d’un autre monde sur un missile de Victor Charlet. Dans la foulée, Malo Martinache écope d’un carton jaune pour un blocage de balle du pied jugé volontaire. À deux minutes du terme, la France doit défendre son avantage à 10 contre 11. Le Japon jette ses dernières forces dans la bataille, obtient un PC à la 59e minute, mais le rempart Corentin Saunier repousse l’échéance. Une ultime occasion de feu fait passer un frisson dans le camp français, mais Corentin Saunier s’interpose encore au bout du match.
Au terme d’un scénario d’anthologie, l’équipe de France l’emporte et s’envole vers la finale de la Nations Cup. Ces Bleus ont du cœur, du talent, et ils l’ont prouvé de la plus belle des manières.